Âgés de 85 et 87 ans, les deux retraités avaient transféré la propriété de leur domicile de Perpignan à leur fille, il y plus de vingt ans.
Il y a plus de vingt ans, Yves et sa femme ont décidé, au moment d’acheter leur maison située à Perpignan, de la mettre au nom de leur fille adoptive. Alors dans une situation financière fragile, le couple espérait ainsi se prémunir contre une éventuelle saisie. Mais leur fille, en difficulté, souhaite revendre le bien dans lequel ils vivent toujours, rapporte L’Indépendant.
Aujourd’hui âgés de 85 et 87 ans, Yves et son épouse pourraient donc bien être expulsés de leur lieu de vie dès le 2 juin prochain.
Ancien contrôleur dans le cinéma et assistante maternelle pour la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales, supprimée en 2010), Yves et son épouse ont longtemps été une famille d’accueil pour les enfants placés : au total, ils ont accueilli 29 jeunes dans leur domicile de la Sarthe. Ils ont même fini par adopter une petite fille issue de la DDASS. Enfant unique aujourd’hui, elle poursuit ses parents en justice pour pouvoir vendre la maison qui lui appartient mais dans laquelle ils vivent toujours. La vente du bien, estimé à 140 000 €, pourrait grandement l’aider, elle qui se dit en situation précaire.
Au moment de l’acquisition de la maison, en 2002, les parents s’étaient engagés oralement à prendre en charge les frais liés à l’entretien de la maison ainsi que la taxe foncière. Mais une maigre retraite (1 800 €) et deux maladies (la femme d’Yves est dans un lit médicalisé depuis trois ans) empêchent depuis quelques années le couple de régler les frais relatifs à la maison. Leurs dettes s’accumulent et leurs prélèvements sont rejetés.
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L’administration a contacté leur fille, puisqu’elle est la propriétaire de la maison. Cette dernière, installée dans le Nord, a décidé d’assigner ses parents en justice en 2019 et a demandé au juge de leur ordonner de quitter les lieux, estimant que les occupants de la maison dont elle est propriétaire « vivent là aux frais de la princesse ».
En 2021, les deux retraités sont condamnés à régler les taxes impayées et doivent accepter les visites dans la maison afin de la vendre. Ils ont également le droit de réclamer une indemnité de départ.
Yves et son épouse, qui souhaitent rester dans l’endroit où ils ont vécu plus de vingt ans, ont tenté un recours pour empêcher la transaction, mais début mars 2025, la cour d’appel de Montpellier a rejeté leur demande. Ils sont considérés comme des « occupants sans droit ni titre ». En avril, un huissier les informe qu’ils disposent de deux mois pour quitter les lieux.
Pour essayer de faire annuler la donation, les deux occupants de la maison pourraient lancer un ultime recours pour « ingratitude ». Auprès de L’Indépendant, Yves a affirmé sa volonté de continuer à vivre entre les murs qui appartiennent à sa fille : « Je veux rester chez moi avec mon épouse. C’est nous qui l’avons payée, cette maison, et on n’a pas à nous jeter dehors comme des chiens. On nous fait mourir avec cette histoire. De toute façon, on ne va pas vivre vingt ans de plus, il suffit d’attendre un peu ».
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