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Par Romain Roux / Le Mensuel de Rennes
Un immeuble devait être construit au bout du jardin de leur hôtel particulier du XIXe, dans un quartier prisé de Rennes. Mais la justice vient de leur donner raison sur un détail qui pourrait tout changer.
Voilà de quoi alimenter le vif débat sur la multiplication des immeubles à Rennes, qui continuait de faire rage au dernier conseil municipal. Une quinzaine d’habitants du quartier du Thabor, opposés à la construction de deux immeubles près de chez eux, viennent d’obtenir une petite victoire. La justice vient de suspendre le permis de construire délivré par la mairie. Et demande au promoteur, Giboire, de revoir sa copie.
Ces habitants vivent dans des hôtels particuliers situés tout près de l’entrée sud du parc du Thabor, rue de Paris. Un quartier cossu. Ces maisons blanches élégante à l’allure simple, haute d’un étage et cachée derrière des grilles imposantes, forment le « lotissement du Mail-Donges ». Construit au XIXe siècle, il est qualifié d’exceptionnel par l’inventaire du patrimoine bâti breton.
Problème, aux yeux des occupants : au bout de leur jardin, deux immeubles de deux et trois étages devaient pousser, du côté de la rue Louis-Postel. 62 logements au total. De peur que les futurs appartements aient une vue plongeante sur leur terrain, ils ont attaqué en justice le permis de construire délivré par la mairie, en 2017.
Les habitants n’en sont pas à leur première. Ils avaient déjà fait annuler la construction de trois maisons au même endroit, déjà envisagée par Giboire. Cette fois-ci, ils contestaient à nouveau de nombreux points du permis de construire. Entorse à l’harmonie architecturale du quartier, impact sur la circulation, non-respect des procédures… Les juges ne leur ont donné raison que sur un détail. De taille.
Les deux bâtiments devaient être construits sur des parkings enterrés. Problème, le toit des parkings dépassait de plus d’un mètre le niveau du sol. D’un point de vue légal, ce surplus de toiture constitue en réalité un rez-de-chaussée, d’après le juge. En conséquence, le plus haut bâtiment allait comporter en fait quatre étages. Impossible : sur cette parcelle, les constructions sont limitées à trois étages par la mairie elle-même, qui a pourtant délivré le permis.
Giboire a désormais deux mois pour régulariser son projet. Si la copie corrigée est dans les clous, la justice ne ferme pas la porte à une autorisation. Mais, selon l’analyse d’une source à la fois proche de ce dossier et du milieu des promoteurs, l’entreprise pourrait tout simplement jeter l’éponge. « Ils vont devoir descendre de deux mètres, ce qui veut dire supprimer tout un étage. La rentabilité sera moindre. Je ne vois pas comment le programme peut rester viable économiquement ».
Contacté, le groupe Giboire n’a pas souhaité commenter ces informations. Il indique seulement que des études sont en cours suite à la décision du tribunal administratif.
Ironie de l’histoire, le juge n’a pas donné raison aux habitants sur l’argument à l’origine de leur requête. Ils craignaient que les futurs voisins puissent les espionner dans leur coin de verdure depuis leurs fenêtres. Le magistrat, lui, a estimé que les grands arbres de leurs vastes coins de verdures étaient à même de faire écran, garantissant leur intimité.
« Ils savent qu’un projet finira par être construit dans ce secteur », note Maître Lahalle, leur avocat. « Ils ne sont pas opposés aux constructions mais ils s’opposent à la densification excessive ».
Dans ce secteur, où se mêlent maisons de grande valeur et immeuble récents, les promoteurs guettent la moindre opportunité à coups de prospectus distribués dans les boîtes aux lettres. Objectif, bien souvent : acquérir des terrains pour construire en hauteur et rentabiliser le foncier, comme l’expliquait le Mensuel de Rennes, dans son numéro d’avril.
Rennes. Opposés à un nouvel immeuble, des habitants de la rue de Paris gagnent une bataille
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