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Vous rêvez de couler une brasse dans une grande piscine, vue mer, où ont piqué une tête Dalida, Bob Marley, François Mitterrand, Brigitte Bardot ou Michael Schumacher? Le nouveau programme immobilier dit de « La Tour Blanche » est peut-être fait pour vous!
En lieu et place de l’ancien hôtel de luxe du même nom, sur les contreforts du Faron, ce sont ainsi 36 logements en accession libre et 32 autres en résidence de tourisme qui vont voir le jour autour de l’emblématique bassin. Ce, « fin 2025 », annonce Charles Ignatoff, directeur général de la Sagem.
La société gardéenne d’économie mixte, qui joue ici le rôle de promoteur aménageur (en co-promotion avec le groupe Uniti), estime même que le lancement des travaux pourra se faire « dès septembre prochain » le long du boulevard Amiral-Vence.
L’idée n’est pas de tout détruire mais bien de « réhabiliter l’existant », en y ajoutant un parking souterrain. Coût total de cette opération: plus de 22 millions d’euros.
Dans la capitale du Var, ce n’est pas tant le montant important des travaux ou la qualité du projet qui émeuvent que l’emplacement.
Les Toulonnais avaient fini par croire que l’ancien fleuron de l’industrie hôtelière, cocon incontournable pour le showbiz dans les années 1970, était voué à l’abandon.
Fermé depuis 2006, l’établissement a vu les projets de réhabilitation se succéder ces quinze dernières années sans que jamais rien n’aboutisse.
Mais cette fois, plus de doute: le permis de construire est purgé de tout recours. « Pour nous autres riverains, c’est positif, assure Véronique Lautier », présidente du CIL de Super Toulon Faron.
« Nombreux sont les habitants qui ont connu la Tour Blanche du temps de sa splendeur, quand elle faisait la fierté du quartier. Là, c’est une friche qui va disparaître et être remplacée par quelque chose de qualitatif mixant immobilier et hôtellerie. »
En l’occurrence, un ensemble de 4.000m2 de surface de plancher avec, clou du spectacle, un panorama imprenable sur la rade.
Dans le catalogue, on retrouvera ainsi des appartements allant du studio au T4, avec un prix au mètre carré oscillant entre 4.900 et 8.000 euros.
Faites le compte pour un logement de 100m2: la somme à débourser devrait approcher la bagatelle de 800.000 euros!
Le lancement commercial est imminent, accompagné d’une journée portes ouvertes mi-mai. Mais certains ont anticipé. « On a environ 30% des logements qui sont déjà réservés, que ce soit pour investir ou pour y habiter », confirme Charles Ignatoff.
Même s’il ne s’attendait « pas à de tels retours », le directeur général justifie cet « enthousiasme » par la nature de l’opération et l’identité du site « Il s’agit d’une résidence très haut de gamme. Et puis la Tour Blanche, c’est un peu la Tour d’Argent de Toulon! »
L’aura des lieux ne se limite pas ici aux images de Sylvie Vartan, en août 1965, se prélassant sur son transat au bord de l’eau ou donnant une interview sur la terrasse de l’établissement, construit sept ans plus tôt.
Beaucoup de Toulonnais ont gardé en mémoire les images d’un mariage ou d’un baptême célébrés là-bas. Voire le rêve secret, alors, d’aller y déguster un cocktail au chant des cigales, un œil rêveur glissant, au loin, sur la Méditerranée.
Si les stars ont disparu depuis longtemps, le souvenir de ces années folles perdure. Pour le raviver, la Sagem a fait appel à l’architecte Philippe Bracco et au décorateur tropézien Patrick Guigues.
Le bouche-à-oreille contribue désormais à l’attraction du site. Sans oublier, évidemment, la diffusion des premières esquisses de l’iconique piscine.
Véronique Lautier, présidente du CIL de Super Toulon Faron, a beau faire part de « l’intérêt » des riverains pour le projet de la Tour Blanche, elle tient aussi à relayer leurs préoccupations.
« Pour les voisins directs, des inquiétudes existent au sujet des nuisances liées au chantier. Notamment à propos du futur parking souterrain, construit sur trois niveaux, explique-t-elle. Le rocher du Faron, quand on tape d’un côté, ça s’entend de l’autre… » D’après Véronique Lautier, le dialogue est la meilleure solution.
« La plupart des craintes des habitants pourraient s’apaiser en discutant avec les porteurs du projet. On leur avait demandé de faire intervenir des experts pour constater l’état des immeubles avant et après les travaux. Ce serait un soulagement… »
Selon elle, une réunion de concertation supplémentaire avec le promoteur ne serait donc pas du luxe. Même pour parler immobilier de standing.
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