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Info « Sud Ouest ». Ces cartes de paiement hors banque sont l’objet d’une faille. Partout en France, des centaines de victimes ont vu des opérations frauduleuses se produire. L’une d’elles témoigne
Saviez-vous que vous pouviez avoir une carte bancaire sans banque ? C’est un des services proposés par PCS, revendiqué « leader français des cartes de paiement prépayées ». On connaît les cartes PCS : elles servent à remplacer l’argent liquide. Tout comme les mandats, on donne une somme d’argent et on se voit remettre une carte. Celle-ci sert de monnaie d’échange : la personne qui détient ses numéros peut se voir remettre…
Saviez-vous que vous pouviez avoir une carte bancaire sans banque ? C’est un des services proposés par PCS, revendiqué « leader français des cartes de paiement prépayées ». On connaît les cartes PCS : elles servent à remplacer l’argent liquide. Tout comme les mandats, on donne une somme d’argent et on se voit remettre une carte. Celle-ci sert de monnaie d’échange : la personne qui détient ses numéros peut se voir remettre l’argent sans formalité.
Mais le système est désormais détourné par des escrocs. Sur Leboncoin, par exemple, ils se font passer pour des vendeurs (de voiture, en général). L’acheteur se voit remettre l’ordre de faire un acompte pour sceller la vente, via un paiement en carte PCS. Sauf que la victime ignore qu’il n’y a aucun bien à vendre, et qu’une fois le numéro de la carte donnée, le pseudo-vendeur disparaîtra, et l’argent avec.
En dehors de ces dérives, le système PCS présente certains avantages. Ses utilisateurs s’en servent de compte en banque alternatif et de carte bancaire. C’est ce qui a visiblement permis une faille. Nawel, une habitante de Bordeaux, utilise PCS depuis des années. « Le 15 février, je suis allé vérifier l’état de mon compte. Je me suis aperçu qu’il manquait 400 euros. Cela correspondait en fait à des achats que je n’avais pas réalisés. »
Elle appelle donc le service client, qui l’informe de « paiements frauduleux ». Sauf que la Girondine n’est pas la seule dans ce cas, au vu des retours qu’elle a sur les réseaux sociaux. « J’ai parlé à des personnes qui se sont fait siphonner de 5 000 euros, assure Nawel. Je trouve ça hallucinant : il n’y a aucune sécurité ! »
Alors, que s’est-il passé ? Philippe Aïm, PDG de CréaCard, société éditrice de PCS, s’exprime pour la première fois : « Nous avons eu des remontées sur des transactions frauduleuses à l’étranger à partir de décembre, et ça s’est accéléré début février. Il faut savoir que c’est le même standard de sécurité qu’une carte bancaire. La seule faiblesse de toute carte, c’est la bande magnétique. Là, le numéro de carte a été usurpé et utilisé avec le code magnétique pour des achats dans le monde entier. »
En clair, ce ne sont pas les comptes PCS qui ont été piratés mais les données des cartes qui ont été usurpées. « On investigue pour essayer de comprendre quelle en est l’origine, poursuit le PDG. Cela pourrait venir d’un vol de données de sites marchands. En attendant, on s’est excusé auprès des clients et 95 % sont aujourd’hui remboursés. » L’entreprise parle de « plusieurs centaines de clients concernés, avec quelques milliers de transactions pour un montant de dizaines de milliers d’euros ».
Des commerces en ligne utilisés pour les achats frauduleux ont remboursé les montants prélevés, conclut CréaCard.
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