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Jusqu’au bout, Bruno Cordero a nié l’évidence. Jusqu’aux derniers instants de son procès qui se tenait cette semaine devant la cour d’assises du Var, à Draguignan, il a contesté être l’auteur des coups mortels sur son ami, Bertrand Bailleux, le 7 janvier 2019 à Toulon. « L’enquête a été mal menée depuis le départ » a-t-il affirmé une dernière fois avant que les jurés ne partent délibérer. Ce mercredi, après deux heures de réflexion, ils sont allés au-delà des réquisitions de l’avocat général, le condamnant à 20 ans de réclusion criminelle.
Depuis l’ouverture des débats lundi et comme tout au long de l’instruction, l’accusé n’a pas varié. Oui, il a bien découvert le corps sans vie de son colocataire dans la nuit du 6 au 7 janvier 2019 dans l’entrée de l’appartement de la rue Berton, au Mourillon, mais non, il ne l’a pas battu à mort. « J’ai entendu un gros bruit vers 3 heures du matin. Je me suis levé et j’ai vu Bertrand étendu devant la porte d’entrée » avait-il expliqué d’emblée aux enquêteurs. Et c’est seulement par panique qu’il avait attendu plusieurs heures avant d’appeler les secours. Un comportement qui a étonné les enquêteurs. Et un élément à charge parmi d’autres qui a laissé circonspect la cour.
Les blessures constatées sur ses avant-bras et sa main droite ? « Une chute dans l’escalier » consécutive à la frayeur d’avoir découvert son ami sans vie. Et peu importe que le médecin légiste les déclare incompatible avec son récit.
Les éclats de voix et les bruits sourds entendus par plusieurs voisins ? Du classique entre les deux hommes. Bruno Cordero reprochait régulièrement à Benoît Bailleux son alcoolisme. Un ami en commun, qui avait passé la soirée avec eux, a relaté « une embrouille » assez importante pour le pousser à quitter les lieux.
Dernier point, et non des moindres, confondant Bruno Cordero aux yeux des enquêteurs, seuls les ADN des deux hommes ont été retrouvés dans l’appartement.
Malgré plusieurs perches tendues par la présidente Emmanuelle de Rosa, Bruno Cordero n’a pas varié. « C’est dommage, car au-delà de la vérité judiciaire, on ne sait pas ce qu’il s’est réellement passé cette nuit-là » note Me Mathieu Nadal, en défense.
Seule certitude, les derniers instants de Bertrand Bailleux ont été violents. Conclusion sordide d’une errance débuté inexplicablement en 2015. Cette année-là, il avait coupé les ponts avec sa famille, se réfugiant dans l’alcool et ne parlant à personne de ses difficultés financières malgré une retraite militaire. Il avait rencontré Bruno Cordero en 2016 au Mourillon. Une passion commune pour la pêche les avait rapprochés.
Constatant que Bertrand dormait à cette époque dans sa voiture, Bruno lui avait proposé d’emménager dans son petit appartement de la rue Berton. Aux dires de l’accusé, la colocation se déroulait sans accroc, malgré le souci de son ami avec la boisson.
Une version idyllique contredite par les voisins qui se plaignaient régulièrement de tapage nocturne. Notamment lors de cette fatale nuit du 6 au 7 janvier 2019…
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