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Présente sur 5 départements, la coopérative a construit, sur la commune de Gimont, un bâtiment équipé pour produire des milliers de litres d’huile bio, pour conserver la valeur ajoutée de ses adhérents sur le territoire. Place à la visite.
La coopérative agricole Val de Gascogne s’est dotée d’une nouvelle huilerie à Gimont, pour suppléer à son équipement existant à Cologne. À terme, elle envisage de tripler sa production d’huile bio.
Sur les hauteurs de la zone d’activités de la Fourcade, le bâtiment blanc et ocre de 1 400 m2 est déjà achevé, mais l’huilerie n’entamera sa production qu’en janvier prochain. « L’huilerie de Cologne, construite en 2012, ne peut traiter que 2 000 tonnes de graines écrasées, explique le directeur général adjoint, Jean-François Deneys. Ici, on est sur 4 500 tonnes, voire 6 000 tonnes. À 90 %, il s’agit de tournesol. Le reste se compose de lin et de colza. »
Les productions de l’huilerie de Gimont seront aussi plus protéinées qu’auparavant, grâce à un nouveau processus de fabrication.
Outre l’huile, cet équipement fabrique aussi des tourteaux, à partir des résidus de pressage, pour le bétail. Les apports proviennent pour l’essentiel du Gers et de la Haute-Garonne. Environ 300 adhérents de Val de Gascogne fournissent les graines bio.
Pour bâtir cet outil, Val de Gascogne a déboursé près de 4,5 M€. Un investissement important, mais qui permet à la coopérative de diversifier sa production et de répondre à la demande des acheteurs.
« Les marques d’huile bio qui travaillent déjà avec nous attendaient un outil neuf », souligne le DGA.
L’huilerie ne livre que du vrac, sans conditionnement.

Positionnée au cœur de la zone de production, elle est située à proximité de la RN 124, une facilité pour les camions venant chercher l’huile ou les tourteaux, ou pour les livraisons de grains, précise Jean-Louis Valadié, le directeur général de Val de Gascogne. L’un des avantages de cette huilerie, où les machines peuvent décortiquer les graines, est de pouvoir passer à l’alimentation humaine ! « Les tourteaux récupérés peuvent alors être utilisés pour des barres de céréales, par exemple », ajoute-t-il.
Les graines arrivent à l’huilerie par une fosse, d’où une vis les envoie vers des silos. S’ensuit un processus de nettoyage, de triage, qui mène vers les 3 tritureuses de l’huilerie. Les machineries peuvent fournir 5 000 à 6 000 litres d’huile de tournesol par jour, stockée après différents filtrages dans les 6 cuves de 30 000 litres, dans l’immense salle qui occupe l’essentiel du bâtiment.
Largement automatisée, l’installation ne nécessite pour son démarrage que 2 techniciens, contre une seule à Cologne. Cet effectif pourrait passer à 4 ou 5 progressivement. Un laboratoire permet d’analyser sur place la qualité des produits finis.
« On ne compte pas beaucoup d’huileries de cette capacité en France, analyse Jean-Louis Valadié. Le premier intérêt pour nos adhérents, c’est de conserver dans le Gers la valeur ajoutée de produits agricoles gersois. C’est une nécessité pour le maintien d’une agriculture solide, surtout après la crise qu’a connu le bio. »
La communauté de communes, la 3CAG, voit elle aussi d’un très bon œil l’installation « d’une filière locale qui plus est biologique, qui va permettre de produire à quelques km d’ici les graines nécessaires, assure Pierre Olivier Planchand, le vice-président à la vie économique de la 3CAG. Cela veut dire aussi moins de pollution avec la réduction des transports en camion, et cela pérennise un débouché pour nos agriculteurs : la graine, on n’ira pas l’acheter au bout du monde ! »
Val de Gascogne a d’ailleurs réservé un foncier important, dans le périmètre de la zone de la Fourcade cette fois, au ras de l’huilerie pour y construire de nouveaux silos, destinés à remplacer ceux de l’ancienne route de Toulouse. Les futurs silos devraient eux aussi offrir de nouvelles possibilités.
Pour le moment, le site de l’huilerie est encore en travaux. Sur les deux étages intérieurs, une partie des machineries qui vont traiter les graines reste à monter ou à connecter. Il faudra également couvrir le toit du bâtiment de panneaux photovoltaïques. « Une partie de l’énergie produite sera utilisée directement sur le site, explique le directeur général adjoint, Jean-François Deneys. Le reste sera reversé sur le réseau. »
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