Elle fait partie du paysage, ou presque. Mais au pied du gigantesque pylône, à proximité des immeubles « Côté Nature », on ne voit plus qu’elle: la ligne électrique THT (pour Très Haute Tension) achemine au-dessus des environs des chemins de Sainte-Hélène et de Peïdessalle un courant de 225.000 volts. Or, c’est là qu’est prévu le projet immobilier. Cet autre volet du futur écoquartier des Bourrelles, objet d’une très vive opposition menée par l’Association sauvons la forêt valbonnaise (ASLFV), prévoit la création de 112 logements, répartis en quatre lots, en face du lycée Simone Veil et de la déchetterie.
Au programme de l’opération Peïdessale, quatre petits immeubles (dont 30% de logements sociaux et 70 % en accession maîtrisée), un lotissement, des villas et une partie dédiée à l’habitat participatif.
L’ASLFV pointe le fait qu’une cinquantaine des futures constructions sera située sous la ligne à très haute tension. Pourtant… « La circulaire Delphine Batho du 15 avril 2013, relative à l’urbanisme à proximité des lignes de transport d’électricité, demande aux préfets de recommander de ne pas implanter de nouveaux établissements sensibles dans des zones exposées à un fort champ magnétique », souligne Bernard Garnier, membre de l’ASLFV.
Qu’est-ce qu’un « établissement sensible »? Les écoles, les crèches, les hôpitaux, etc.
Bernard Garnier, qui réside chemin de Peïdessalle et revendique le rôle de « lanceur d’alertes », avance deux faits: « Les enfants passent de quatre à cinq fois plus de temps à leur domicile qu’à l’école ou à la crèche. Les niveaux de précaution devraient donc être divisés au moins par deux. D’autre part, la ligne passe de six à trois conducteurs à l’aplomb du chemin de Peïdessalle, ce qui double l’intensité, donc le niveau de rayonnement de la ligne… »
Autre point sensible: « Les effets très basse fréquence des lignes THT restent préoccupants jusqu’à 30 à 40 mètres… ».
La circulaire Baltho met en avant le risque de leucémie infantile (démontré par des études scientifiques anglaises). Mais, à travers le monde, des personnes qui vivent sous une ligne à haute tension se plaignent d’insomnie, de migraines, de fatigue chronique… Comment prouver le lien? « Il aurait fallu procéder à une enquête épidémiologique dans le secteur où des habitats ont été construits tout près de la ligne » , avance le riverain.
Sur son site internet, l’ASFV rappelle que lors de la réunion des personnes publiques associées au projet, la DDTM a déclaré qu' »il aurait été préférable d’éviter tout survol des lignes au-dessus des habitations, voire des terrains privatifs ». Mais un avis favorable a été émis.
« Nous ne sommes pas contre la construction, nécessaire, de nouveaux logements, assure Bernard Garnier qui avance une solution: profiter du réaménagement de la déchetterie pour la déplacer sous la ligne – les enjeux d’exposition devenant faibles, et inversement de profiter des terrains libérés pour y implanter la partie de l’opération trop exposée actuellement, avec une bonne distance de garde, et avec l’avantage d’une meilleure proximité des transports en commun ».
Il n’y a pas que la ligne THT qui électrise le quartier. Deux autres préoccupations ont été recueillies lors de l’enquête publique, close le 15 février: un risque de saturation de la circulation, sur la D4 et le giratoire du lycée. Situation aggravée, selon les observateurs, par la proximité de la déchetterie et de la salle Sainte-Hélène et la déforestation d’une forêt classée ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique).
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