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Article rédigé par
Midi Libre
À l’occasion de la publication du rapport 2026 sur l’état du logement social en Occitanie et dans l’Hérault, la directrice régionale de la Fondation pour le logement – anciennement Fondation Abbé Pierre – dresse un état des lieux du mal-logement. Et dévoile les pistes d’améliorations possibles.
À Montpellier, plus de 27 000 ménages sont en attente d’un logement social. Parmi eux, 35 % n’ont actuellement aucun logement propre. Le mal-logement gagne du terrain ?
Les chiffres sont là. 27 727 demandeurs, dont un tiers hébergé chez des proches, dans des hôtels via une prise en charge sociale, des campings ou des squats… Aujourd’hui, on estime également que plus de 800 personnes dorment à la rue. Ces données ne concernent que les demandeurs de logement sociaux car d’autres ne font pas la démarche. En face, il y a aussi un large public qui se loge dans le parc privé sans en avoir les moyens. Résultat, ils se retrouvent au mieux dans des passoires thermiques, au pire dans des logements insalubres et indignes. Mais ce constat n’est pas Montpelliérain, il touche globalement tout le département.
Pourquoi est-il particulièrement touché ?
L’Hérault concentre beaucoup de vulnérabilités avec un fort taux de pauvreté, un marché de l’immobilier extrêmement tendu, notamment à cause de la pression touristique, et une croissance démographique continue. Tout cela entraîne une importante demande de logements sociaux, alors que la production ne suit pas. C’est sur ce déséquilibre qu’il faut agir. Construisons du logement social. Mais surtout construisons le bon type de logement social.
Qu’entendez-vous par « le bon type de logement social » ?
PLAI, PLUS et PLS : ces acronymes classent les logements sociaux en fonction du montant du loyer. À Montpellier, 67 % des demandeurs ont des ressources qui ne leur permettent pas d’accéder à des logements autres qu’en PLAI, le loyer le plus social. Pourtant, ces logements aux loyers très sociaux ne représentent que 6 % du parc locatif social. À l’échelle de l’Occitanie, c’est 9 % du parc contre 71 % des demandes… Pourquoi ? Parce qu’entre les baisses des financements de l’État, le prix du foncier et les petits loyers, il est souvent très compliqué d’équilibrer une opération de construction de logements en PLAI. Et il y a aussi cette idée, tenace chez les élus des petites communes, que les bénéficiaires de ces loyers très sociaux ne sont pas des habitants du village mais plutôt une certaine population venue de l’extérieur. Ce qui est faux.
La loi SRU impose pourtant aux communes le volume (20 à 25 %) et le type de logements sociaux depuis plus de 25 ans…
C’est vrai, et certaines, comme Montpellier, sont en règle avec les objectifs fixés par cette loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains. C’est plus compliqué dans la métropole. Quand nous sommes allés à la rencontre des maires qui ne respectaient pas leur quota, ils ont souvent mis en avant la difficulté de trouver des emprises foncières, notamment à cause de la loi ZAN, pour Zéro artificialisation nette des sols. C’est pour cette raison que nous avons conduit en 2025 une étude, menée par des étudiants en master Urbanisme et Environnement de l’Université Paul Valéry de Montpellier. Ils ont pris pour exemple trois communes de l’Hérault (Castries, Poussan et Saint-André-de-Sangonis, NDLR) pour montrer que des solutions existent si l’on change nos modèles d’aménagement.
Quelles sont les préconisations de cette étude, qui vient d’être dévoilée ?
Il faut continuer à produire des logements en consommant moins de foncier, donc en prenant surélevant le bâti. Il existe des opportunités en réhabilitant les centres anciens, en produisant plus petit dans les dents creuses de l’urbanisme, en redécoupant des parcelles, en investissement les friches… Dans la métropole, il y a un enjeu, par exemple, sur la requalification des caves coopératives. C’est la fin des grands ensembles, chaque logement est bon à prendre. Mais il faut aussi que les bailleurs sociaux s’adaptent pour gérer des logements diffus.
Certains candidats aux municipales envisagent la réquisition de logements vides pour créer des places d’hébergement d’urgence. Quelle est la position de la Fondation ?
Nous continuons de défendre l’idée que le logement est un droit pour tous les ménages. Il faut continuer à pousser pour produire plus de logements sociaux, autrement et plus rapidement. Mais il y a aussi l’enjeu de l’urgence. La réalité, c’est que les moyens ne sont pas suffisants et qu’il manque des places d’hébergement. À partir de là, et par défaut, la Fondation pour le logement défend la mobilisation des bâtiments vacants pour faire de l’habitat intercalaire. Mais attention, il ne faut le faire que si le lieu reste vacant un temps suffisant, et après des travaux pour le rendre digne pour les personnes accueillies.
Avez-vous des exemples à Montpellier ?
C’est le cas de l’ancienne auberge de jeunesse, impasse de la Petite-Corraterie. Le bâtiment était vide depuis 2020. Aujourd’hui, il accueille des familles qui étaient dans un bidonville. Mais cet exemple est parlant car le bâtiment a depuis été acheté à la ville par la foncière Soliko et une opération de rénovation est en cours pour créer quinze logements à loyers très sociaux, à 5 € du m² en plein centre-ville. C’est donc de l’hébergement temporaire qui devient pérenne.
Depuis septembre 2017, Sylvie Chamvoux, 61 ans, est la directrice régionale de la Fondation pour le logement, anciennement Fondation Abbé Pierre. L’organisation, créée en 1987, lutte contre le mal-logement, du sans-abrisme jusqu’à la production de logements. Originaire de Lorraine, elle travaille depuis plus de trente ans sur les problématiques sociales de Montpellier et la région. Elle a également occupé pendant six ans le poste de directrice de l’Union Régionale Interfédérale des œuvres et Organismes Privés non lucratifs Sanitaires et Sociaux (URIOPSS), qui fédère les acteurs de la solidarité d’Occitanie.
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Un pays d'assistés permanents.
Bientôt les élections municipales pour choisir vos élu(e)s qui auront un programme politique de logement qui vous convienne : allez voter !
a priorité devrait être donner aux travailleurs, pas aux ,et vu les lois anti sq. u, ats qui ne servent a rien, les propriétaires ont raison de ne pas louer, puisque souvent les locataires ne paient pas leurs loyers, donc le problèmes vient des mau. vais payeurs, donc il fait si bon dormir a la belle etoile