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À l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le barreau de Nîmes s’engage. Jusqu’à ce soir, une permanence est assurée au bénéfice de toutes celles qui subissent les coups de la part de leur conjoint ou de leur ex-conjoint.
Par instinct de survie sûrement, elle a enfin décidé de fuir. Probablement après le coup de trop, en pleine nuit et en chaussettes, n’ayant même pas eu le temps d’enfiler une paire de chaussures.
Ce lundi 25 novembre, c’est une femme déterminée, victime de violences physiques régulières de la part de son compagnon, qui a donc été reçue en extrême urgence en consultation par Me Chabert-Masson à la maison de l’avocat, 16 rue Régale à Nîmes.
« Durant une heure, cette trentenaire nîmoise m’a expliqué comment elle était tombée dans l’engrenage de la violence conjugale. Comment, aussi, cette violence se manifeste dans son quotidien. Nous avons enfin abordé l’aspect juridique et les futures démarches à accomplir (plainte, demande d’interdiction judiciaire d’entrer en contact, mise à disposition d’un téléphone grave danger…) pour tenter surtout de récupérer son très jeune enfant, témoin au quotidien des violences infligées à sa maman « , a raconté l’avocate à l’issue de cette consultation.
En cette journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes « toutes celles s’estimant victimes de violences de la part de leur conjoint ou ex-conjoint peuvent être reçues, à l’image de cette femme, sans rendez-vous et de manière totalement anonyme « , rappelle Me Karline Gaborit, créatrice de l’association nîmoise via Fémina Fama qui accompagne les femmes victimes de violence.
Par roulement, dix avocats au barreau de Nîmes, des femmes mais aussi hommes, spécialement formés en victimologie, assurent, en présentiel jusqu’à ce soir, cette permanence totalement gratuite, le reste du temps téléphonique 1.
« Au final, accompagner ces victimes c’est, à côté du Droit, faire beaucoup de soutien psychologique. Quand il ne faut pas, très souvent, leur faire prendre conscience que cette violence qu’elles subissent n’est ni normale ni légitime. Et tout simplement interdite par la loi« , expliquent les avocates.
Il aura fallu attendre la loi du 24 janvier 2023 pour que les victimes de violences conjugales puissent être accompagnées de la personne de leur choix, et donc potentiellement de leur conseil, lors du dépot de plainte.
Si Me Gaborit salue cette avancée législative majeure, l'avocate en droit de la famille au barreau de Nîmes regrette cependant que, pour les plus pauvres, ce nouveau droit ne reste pour l'heure que théorique.
" Le decret relatif à l'aide juridictionnelle n'a pas encore été reformé pour prendre en compte cette évolution juridique. A ce jour donc, seules les victimes de violences conjugales en ayant les moyens financier, lpeuvent être accompagnées de leur conseil lors du dépôt de plainte ", explique-t-elle. Or, lors de cet acte de procédure "déterminant", la présence de l'avocat est, selon Me Gaborit, "fondamentale".
"Parce qu'elle est tout d'abord de nature à rassurer la plaignante et à lui donner confiance. Mais, aussi, parce qu'elle est susceptible d'influencer l'attitude de l'officier de police judiciaire pour plus d'efficacité dans l'enregistrement de la plainte".
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