Si l’encadrement des loyers disparaît en novembre, propriétaires et locataires devront s’adapter à un marché potentiellement plus libre, mais aussi plus incertain. Hausse des loyers, retour de biens sur le marché, tensions accrues dans les zones tendues, voici ce qui pourrait changer concrètement.
La possible disparition de l’encadrement des loyers en novembre pourrait rebattre les cartes dans les grandes villes où ce dispositif limite aujourd’hui les montants exigés à la relocation ou lors d’une première mise en location. Pour les locataires, la crainte est claire : voir les loyers repartir à la hausse, notamment dans les secteurs les plus recherchés. Pour les bailleurs, l’enjeu est inverse : retrouver davantage de souplesse dans la fixation du loyer et de rentabilité dans un marché jugé de plus en plus contraint.
Ce débat dépasse la seule question du niveau des loyers. Il renvoie plus largement à l’équilibre entre protection des locataires et attractivité de l’investissement locatif. Pour Julien Tourtois, gérant du cabinet de syndic et gestion locative l’Adresse Pro.Gestion, les réglementations successives ont fini par fragiliser cet équilibre. Selon lui, la fin de l’encadrement ne réglerait pas tout, mais pourrait envoyer un signal favorable à des propriétaires tentés de retirer leur bien du marché.
Pour les propriétaires, la disparition du dispositif signifierait d’abord la fin d’un plafond administratif dans la fixation des loyers. « L’empilement des dispositifs de protection des locataires depuis 1989 n’a pas produit les effets attendus, au contraire », estime Julien Tourtois. Ce mouvement a « réduit l’intérêt de nombreux bailleurs à proposer leur bien à la location et en a même découragé certains ». Ainsi, certains investisseurs pourraient être tentés de revenir sur le marché.
Côté locataires, la fin de l’encadrement pourrait se traduire par une remontée plus rapide des loyers, surtout dans les quartiers où la demande dépasse largement l’offre. Les ménages les plus modestes seraient les premiers exposés, avec un accès au logement potentiellement plus difficile. À court terme, la disparition du cadre actuel risque donc d’alimenter les tensions, même si ses défenseurs jugent que la régulation n’a pas suffisamment contenu la hausse dans les villes concernées.
Julien Tourtois plaide avant tout pour une relance de l’offre. « La meilleure façon de faire baisser durablement les loyers est d’augmenter l’offre de logements, pas de la contraindre davantage. La disparition de l’encadrement des loyers ne sera pas une solution miracle, mais elle constituerait un premier signal positif pour redonner confiance aux propriétaires bailleurs et encourager la remise de biens sur le marché locatif. » L’effet réel dépendra donc surtout de la capacité à remettre davantage de logements sur le marché de la location afin de créer une concurrence plus forte.
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