Le club éco de Var-matin était accueilli à L’Avant-Garde, ce mardi 14 avril. Le lieu, où la Cecaz a regroupé depuis un an 200 collaborateurs, est emblématique du thème sur lequel les quatre invités de la rédaction ont débattu : Comment décarboner son activité sans ralentir sa croissance ? Car ce bâtiment labellisé Breeam very good a permis de supprimer d’autres sites, pour passer de 5 000 à 3 200m² de surfaces utilisées. « Et nous investissons aussi à Nice, dans la rénovation lourde du site Lumia », précisait Jean-Luc Blanc directeur Immobilier et Sécurité à la Cecaz, rappelant que la banque, dont l’immobilier représente avec la mobilité une bonne partie de son impact environnemental, a ainsi réduit globalement de 30 % la surface nécessaire à son activité.
À ses côtés, Laurent Falaize, directeur général de la PME familiale Fioul 83, mais aussi Benoît Boussard, chef de projet portuaire connexions électriques à quai à la société publique Ports rade de Toulon-La Seyne, et Amaury Charreton, directeur développement territorial d’EDF. L’énergéticien accompagne les PME et ETI dans la décarbonation de leurs activités en s’appuyant sur ses différentes filiales. Et ça passe bien sûr par l’électrification. « Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans la même crise que celle de 2022, il n’y a pas de variation des prix de l’électricité, et les entreprises peuvent accéder à des tarifs fixes jusqu’en 2030 », précisait Amaury Charreton. Ce qui n’est pas le cas du fioul. Et pourtant Laurent Falaize, à la tête d’une entreprise familiale de 45 salariés, est plutôt serein. Sa PME a pris le virage de la décarbonation dès l’annonce, fin 2018, de l’arrêt de l’installation des chaudières au fioul pour l’habitat individuel. « Aujourd’hui le fioul c’est 10 % de notre chiffre d’affaires, contre 40 % à l’époque ». Moyennant 6 millions d’investissements en trois ans, l’entreprise basée à La Crau, s’est notamment dotée de 5 camions souffleurs de pellets, et propose depuis sept ans du biocarburants à ses clients professionnels, compagnies de bus ou transporteurs. Un virage qui loin de ralentir la croissance de cet acteur connu pour son activité intialement étroitement dépendante de l’énergie fossile, a généré la création de 18 emplois selon Laurent Falaize « et aujourd’hui on est sollicités pour des projets de passage au biocarburant, on répond à des appels d’offres ».
Abandonner le pétrole pour les électrons, c’est aussi ce que met en œuvre Benoît Boussard sur les quais du port de commerce de Toulon. « Depuis février nous comptabilisons 294 heures de connexion », soulignait avec fierté le responsable de l’électrification des escales, une activité qui crée aussi des emplois pour la maintenance des installations. Mais ne pourrait se faire, aux yeux de cet expert, sans la volonté des acteurs publics. « Sur 20 millions d’investissement, 80 % sont des subventions. Cela a permis de maintenir le modèle économique, avec une évolution des tarifs par escale pour les compagnies qui n’excède pas 4 à 5 % par an », précisait Benoît Boussard, rappelant que si l’obligation de se brancher à quai à l’horizon 2030 ne concerne que les escales longues, « nous étudions déjà la possibilité de le proposer pour des escales courtes aussi. »
Aux yeux de Laurent Falaize aussi, le poids des acteurs publics est décisif pour pousser les clients professionnels à franchir le cap de la décarbonation. « Il faut que ceux qui investissent puissent bénéficier d’un léger avantage fiscal. Même si les clients se bousculent à la demande de leurs propres clients, on ne pourra pas faire de l’écologie s’il n’y a pas d’avantage fiscal durable ».
Autre point de départ martelé par les intervenants : avoir une méthodologie pour verdir son activité. « La première étape consiste à réaliser un bilan carbone afin de déterminer quels sont les leviers pour réduire la consommation énergétique », soulignait Amaury Charreton pour qui il est facile de démonter qu’un investissement peut s’avérer vecteur d’économies « par exemple la pompe à chaleur consomme un kWh et en restitue 2 à 4 ».
Constat partagé par Jean-Luc Blanc, de la Cecaz. Les 500 m² de panneaux photovolaïques installés à L’Avant-Garde permettent d’alimenter la vingtaine de bornes de recharge de la flotte électrique. Le parc de véhicule de service et fonction a été réduit de 40 % en deux ans et est composé exclusivement de véhicules 100 % électriques (93 véhicules) et 45 points de charge ont été installés sur les deux principaux sites.
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