L’Algérie franchit une nouvelle étape dans la réforme de son système financier en bannissant l’usage des espèces pour plusieurs types de transactions majeures. Cette mesure, qui s’inscrit dans le cadre de la loi de finances 2025, vise à renforcer la transparence des flux financiers, lutter contre le blanchiment d’argent et limiter l’évasion fiscale.


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La loi de finances 2025, publiée fin décembre, instaure l’obligation d’utiliser des moyens de paiement bancaires ou électroniques pour plusieurs types de transactions. Cette mesure, officialisée par une note de la Direction de la trésorerie et de la comptabilité publique en date du 7 janvier 2025, vise à renforcer la transparence financière et à moderniser le système économique.

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Cette note citée par le journal Echourouk, donne des précisions sur l’application de l’article 207 de la loi de finances 2025. Selon ce texte, plusieurs types de transactions majeures doivent désormais être réalisées exclusivement via des canaux bancaires ou financiers, bannissant ainsi le recours aux espèces.
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Cette réforme impose désormais que certaines transactions soient effectuées exclusivement par des moyens bancaires ou électroniques. Les opérations visées sont :

  • Les ventes immobilières, couvrant les biens bâtis et non bâtis.
  • Les achats de véhicules, réalisés par des concessionnaires et distributeurs agréés.
  • Les acquisitions de yachts et de bateaux de plaisance.
  • Les contrats d’assurance obligatoires, notamment ceux liés aux véhicules.

Les paiements en espèces pour ces opérations sont désormais proscrits, avec pour objectif de garantir une traçabilité complète des flux financiers.

Une lutte contre l’économie informelle

Ces mesures s’inscrivent dans une politique visant à renforcer la transparence économique et à combattre plusieurs fléaux financiers. En premier lieu, l’interdiction des paiements en espèces vise à limiter les pratiques liées au blanchiment d’argent. Les secteurs de l’immobilier et de l’automobile, souvent utilisés pour dissimuler des fonds illicites, sont particulièrement ciblés.


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Par ailleurs, cette réforme vise à améliorer la collecte fiscale en éliminant les transactions non déclarées qui échappent au contrôle des autorités. Le gouvernement espère ainsi augmenter les recettes fiscales et assainir les secteurs économiques concernés.
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Enfin, cette initiative s’inscrit dans une démarche de bancarisation accumulée de l’économie algérienne, encourageant l’utilisation des moyens électroniques et bancaires pour les paiements. Bien que le pays dispose de plus de 20 millions de cartes bancaires en circulation, l’usage de ces outils reste encore limité.

Quel impact sur les secteurs visés ?

Dans le secteur immobilier, la nouvelle réglementation impose aux acheteurs de justifier l’origine des fonds utilisés, une mesure qui pourrait ralentir les transactions, notamment celles impliquant des devises issues du marché parallèle. Les promoteurs et agents immobiliers anticipent des ajustements, mais saluent la possibilité d’une régulation accumulée du marché.


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Pour les concessionnaires automobiles, l’interdiction des paiements en espèces représente un changement majeur. La majorité des ventes étant traditionnellement réglées en liquide, les clients effectueront désormais des paiements bancaires, ce qui pourrait ralentir les opérations à court terme.
Les contrats d’assurance obligatoires, particulièrement populaires dans le domaine des véhicules, seront également affectés. L’obligation de digitalisation des paiements pourrait poser des défis en Algérie, notamment dans les régions où les infrastructures bancaires sont limitées.
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Bien que cette réforme soit ambitieuse, elle met en lumière plusieurs défis. L’Algérie manque encore d’une infrastructure bancaire et électronique suffisamment développée pour soutenir une transition rapide. Par exemple, seuls 58’000 terminaux de paiement électronique (TPE) sont recensés pour plus d’un million de commerçants, ce qui est largement insuffisant.


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De plus, une grande partie de la population reste méfiante vis-à-vis des services bancaires modernes, notamment en raison des habitudes créées de paiements en espèces. Des efforts de sensibilisation seront nécessaires pour encourager une adoption plus large des outils bancaires.

Vers une économie plus transparente

Cette interdiction des paiements en espèces pour certaines transactions marque un tournant pour l’économie algérienne. En obligeant les acteurs économiques à utiliser les circuits formels, le gouvernement espère renforcer la transparence et réduire l’importance de l’économie informelle.
Les impacts de cette réforme en Algérie seront particulièrement observés dans les mois à venir, notamment dans les secteurs de l’immobilier et de l’automobile, qui devront s’adapter à ces nouvelles exigences. Si les défis sont nombreux, cette initiative constitue un pas important vers une économie plus moderne et traçable.
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