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Les tensions du marché poussent les élus de l’agglo à chercher le foncier disponible pour relancer la construction de logements. En attendant, la baisse des prix et des taux commence à relancer le marché… mais pas partout
Acheter dans la Métropole ? Bon courage. Même si le prix des maisons a dévissé de 13 % en moyenne en trois ans – et jusqu’à -20,5 % au Bouscat, Bordeaux et Talence, le trio des villes les plus chères (1) –, difficile de trouver à moins de 2 000 euros du m². Appartements et maisons confondus, le prix moyen se situe à 3 500 euros du m² dans les limites administratives de l’agglo. Et avec de grandes disparités : entre 5 000 et 4 000 euros pour une maison au Bouscat, à Bordeaux, Talence, Bruges, Bouliac, Pessac, Gradignan, Saint-Aubin et Bègles ; un millier d’euros sur la Presqu’île (Ambarès, Saint-Vincent-de-Paul, Saint-Louis-de-Montferrand et Ambès).
Et puis tout dépend de la recherche. Car si l’investissement locatif a souffert de l’encadrement des loyers, couplé à la baisse des prix et de la réforme du DPE (4 400 euros du m² en moyenne pour un appartement à Bordeaux, -9,4 % en trois ans), les maisons de villes sont recherchées. « Les échoppes, avec leur cachet et leur proximité des commerces, restent prisées dans des villes comme Talence, Bègles ou Pessac, même si l’accessibilité varie en fonction du quartier », analyse Nicolas Villar, directeur commercial des Courtiers Bordelais.
Ses clients « cherchent avant tout la proximité des écoles, des commerces, et une vraie vie de quartier, dans un périmètre desservi par les transports en commun. C’est essentiel, surtout dans une agglomération où les déplacements sont un enjeu fort. » Et même s’ils sont encore nombreux à lorgner directement vers le littoral, sur le Bassin, Lacanau ou Andernos, où les prix rivalisent avec ceux de la Métropole, quitte à faire un peu plus de route, la banlieue bordelaise attire. « On assiste à un mouvement de retour vers l’agglomération après les années post-Covid, où beaucoup de ménages avaient choisi la campagne pour plus d’espace et de verdure », poursuit Nicolas Villar. « Avec le retour progressif en présentiel et la réglementation sur le télétravail, beaucoup reviennent chercher une vie urbaine mieux connectée. »
Au point que l’offre a du mal à suivre, dans ce territoire qui accueille 10 000 habitants par an (dont 44 % de moins de 30 ans) : il manque 45 000 logements sur l’agglomération, d’après les pouvoirs publics. Au pied du mur, Bordeaux Métropole tente de relancer la construction et trouver de la place pour les futurs « quartiers d’habitat et d’emploi de demain ».
Le prolongement d’Euratlantique (25 000 appartements programmés à terme), les aides « massives » de soutien aux communes qui investissent pour construire (35 millions d’euros votés il y a un an) ou aux bailleurs sociaux (15 millions en 2024, 20 millions en 2023) doivent permettre de tenir l’objectif de 3 000 nouveaux logements sociaux par an, rénover et relancer les autres projets bloqués par la crise.
Et après ? La Métropole a identifié six nouveaux « gisements fonciers » aux « portes » de l’agglo le long de la rocade, un peu comme les Barrières des boulevards bordelais : ou comment construire mais sur l’existant, déjà urbanisé, dans les secteurs du Lac au nord (Bordeaux, Bruges), où poussera le quartier de la Jallère, l’Aéroport (Mérignac), Bordeaux Inno Campus (Pessac, Gradignan), Arcins Garonne au sud (Bègles, Villenave) ou les Hauts de Garonne à l’est (autour des Quatre-Pavillons, de la plaine et la RN 89 à Lormont, Cenon et Artigues).
Le plan vise aussi les « quartiers des gares » (RER oblige), le tracé des futurs bus express (comme sur le sillage du tram au mitan des années 2000) ou les « centres bourgs » qui restent à densifier. Ce n’est pas pour rien qu’aux municipales, beaucoup de maires sortants proposeront d’aménager des « centres-villes » où il n’y en a pas, comme au Haillan, au Taillan ou même à Bègles.
(1) Au prix moyen d’une maison à l’achat, d’après les données de MeilleursAgents.com.
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