En 2026, changer de logement pour devenir propriétaire ne veut plus dire changer radicalement de vie. Les acheteurs veulent surtout mieux vivre… là où ils ont déjà toutes leurs habitudes.
Acheter son logement ne veut plus dire changer radicalement de lieu de vie. En réalité, un déménagement sur deux se joue à 20 kilomètres de chez soi. Et contrairement à une idée répandue, ce n’est pas un grand événement familial qui déclenche le plus souvent l’achat de sa résidence principale. C’est ce que révèle une étude du groupe Nestenn menée auprès de 586 acheteurs ayant réalisé une transaction au cours des douze derniers mois : la première motivation citée est la recherche d’un nouveau cadre de vie, à 30 %, loin devant une séparation ou un divorce (7,5 %), une mobilité professionnelle (5,5 %) ou l’arrivée d’un enfant (2,6 %).
Mais qu’est-ce que signifie vraiment un nouveau « cadre de vie » ? « C’est plus qualitatif du bien que de la localisation », explique Delphine Rouxel, présidente et cofondatrice du groupe Nestenn. Jardin, chambre supplémentaire, salon plus grand, pièce dédiée au télétravail, luminosité, calme, éloignement du centre-ville, meilleures performances énergétiques : des critères qui dessinent une même logique. « Les acheteurs ne cherchent pas à changer radicalement leur quotidien, mais à mieux vivre là où ils ont déjà leurs repères », résume l’experte.
Cette recherche de mieux-vivre se joue rarement loin de chez soi. Près de la moitié des achats (47,8 %) se concluent à moins de 20 kilomètres du logement précédent, et plus d’un tiers (34,4 %) dans la même commune ou une commune limitrophe. « Tout simplement, dans la majorité des cas, les acheteurs sont satisfaits de leur bassin de vie », détaille Delphine Rouxel. Ils ont leurs habitudes avec les commerçants, un réseau scolaire déjà connu, mais surtout une proximité avec la famille, peut-être aussi leur médecin traitant et leurs activités sportives établies…
Ces attaches locales pèsent davantage que l’envie de tout recommencer ailleurs, comme on a pu le ressentir au moment de la pandémie de Covid. À ce moment-là, il y a eu une vague de ménages qui cherchaient à s’établir loin des villes, marquées par le confinement. Delphine Rouxel observe toutefois un mouvement inverse, encore marginal : elle commence à ressentir « une volonté de revendre chez des gens qui étaient partis de Paris pour travailler à Orléans ou à Poitiers, qui cherchent à revenir », note-t-elle, en précisant qu’aucune statistique ne vient encore confirmer cette tendance.
Car en effet, le télétravail a reculé. Son essor en 2020 et 2021 avait fait naître la crainte que les grands bureaux se vident… Mais cinq ans plus tard, ce scénario ne s’est pas concrétisé, au contraire. Beaucoup d’entreprises imposent aujourd’hui une limite au télétravail. Ainsi, « le critère d’espace supplémentaire, pour un bureau, etc., c’était en sortie de Covid, moins aujourd’hui », note l’experte. Elle constate une stabilisation, bien que le critère n’ait pas complètement disparu non plus : « On n’a pas d’exode massive comme on le craignait à l’époque. » Certains ménages ont accepté d’élargir légèrement leur périmètre de quelques kilomètres par rapport à leur lieu de travail, mais rarement au détriment de leurs autres attaches. « Le télétravail ne supprime pas d’autres attaches comme l’école, la famille, les amis », souligne-t-elle.
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