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Dans un contexte de baisse des taux d’intérêt en 2024, la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes (qui revendique 1,4 million de clients régionaux) affiche sa solidité, avec un résultat net consolidé de 193 millions d’euros, en hausse 1,5% par rapport à 2023. Avec néanmoins un montant de crédits accordés aux particuliers et aux entreprises qui recule à 4,5 milliards d’euros en 2024, contre 5,2 milliards en 2023 (alors qu’il atteignait les 8,1 milliards d’euros en 2022).
Ce tarissement s’est notamment traduit dans le secteur immobilier, en crise depuis 2022. En 2024, les acheteurs se sont montrés prudents, avec 1,1 milliard d’euros de prêts accordés contre 1,4 milliard d’euros en 2023. Mais après un premier trimestre 2024 plutôt timide, les crédits immobiliers des particuliers ont présenté une légère reprise au quatrième trimestre grâce à la baisse des taux.
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Si cette baisse semble bénéfique à court terme pour relancer les transactions, Daniel Karyotis, directeur général adjoint de la Banque Populaire AuRA, alerte sur le temps long.
« Pour l’immobilier en général et compte tenu des tensions sur les dettes souveraines et l’OAT, je ne suis pas certain que les taux à long terme immobiliers proposés par les banques à leurs clients observent un processus de baisse dans les semaines à venir. Ils seraient peut-être même amenés à remonter plutôt qu’à baisser ».
Dans ce contexte difficile, la Banque Populaire AuRA et la Caisse d’Epargne AuRA ont décidé de s’associer pour monter une foncière immobilière commune, dotée d’une enveloppe d’investissement de 120 millions d’euros. Un message envoyé à tous les acteurs du monde de l’immobilier pour montrer l’action des deux banques, explique Daniel Karyotis.
Car pour le directeur général adjoint, le monde politique sous-estime les effets du marasme du secteur sur l’ensemble de l’économie française et les finances des collectivités. « Rien n’est fait pour relancer l’immobilier et le bâtiment en France », analyse-t-il, jugeant insuffisants les mesures prises récemment, comme le prêt à taux zéro.
La banque n’est néanmoins pas la seule à choisir cette stratégie. Parmi d’autres acteurs, le Crédit Agricole Centre Est s’est engagé via sa filiale, la Compagnie Foncière Lyonnaise, dans un partenariat avec le Grand Lyon pour débloquer des logements sociaux dans l’ancien.
Un produit tire néanmoins son épargne du jeu : l’épargne liée au financement de projets de transition énergétique sur le territoire. Lancée en 2020 par la Banque Populaire AuRA, la Banque des transitions énergétiques (BTE) séduit tant les autres banques régionales (désormais au nombre de cinq) que les clients. Ce, alors que le produit ne propose pas de taux bonifié. Preuve de l’intérêt des Français pour le financement de projets ayant un impact local sur l’économie et l’environnement.
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Ainsi, les encours d’épargne collectés par la BTE marquent une nouvelle hausse de 11% pour atteindre les 443 millions d’euros. Le montant de crédits accordés explose quant à lui (+35%), pour un total de 622 millions d’euros ayant majoritairement permis le financement de projets menés par des entreprises régionales dans les énergies renouvelables (41%), l’efficacité énergétique (32%) et l’éco-mobilité (17%).
Mais la nouvelle réglementation qui vient chahuter les modèles de rémunération accordée au projet photovoltaïque inquiète le secteur, jugeant précipité ce changement. Pour Daniel Karyotis, il va falloir « repenser le modèle économique. Ce qui était vrai il y a cinq ans doit être revu aujourd’hui. Il y a un sous-jacent qui est pertinent mais à nouveau, il faut essayer de le faire avec calme, discernement et intelligence ».
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L’énergie solaire restera néanmoins un fil rouge essentiel pour la transition énergétique, assure le directeur général régional qui pointe également un autre enjeu majeur, celui de l’eau.
« Les banques populaires ont fait de l’eau une priorité stratégique. On regarde tous les projets qui peuvent nous être soumis. Ceux-ci peuvent être liés à l’épuration, au traitement de l’eau, à la protection des nappes phréatiques, etc. Ce sera un fil rouge des banques populaires et de BP AuRA », assure t-il.
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