C’est très anecdotique au regard des quelque 60.000 établissements scolaires de France: quatre-vingt-dix d’entre eux, seulement, sont concernés par le port de la « tenue unique ». Et c’est le coup d’envoi ce lundi. Ces écoles, collèges et lycées ont dit oui à l’expérimentation qui doit durer deux ans. L’objectif est de généraliser ce dispositif dès 2026. Cette année, les parents n’auront rien à débourser: chaque trousseau sera financé par les collectivités et par l’État.
Ce test a été voulu par Gabriel Attal, alors qu’il était ministre de l’Éducation nationale. Celui qui est ensuite devenu le Premier ministre du gouvernement Macron l’a annoncé en décembre 2023. La date limite pour se porter candidats était le 15 juin dernier. Mais certaines collectivités volontaires se sont heurtées au veto des conseils d’école et des conseils d’administration. De nombreux enseignants, mais aussi des parents d’élèves ont dit « niet » à l’uniforme.
Dans les Alpes-Maritimes, le département en tête du nombre d’élèves qui portera la tenue unique, environ 3.700 enfants, seul le lycée Les Palmiers se lance dans l’aventure et cinq collèges: Alphonse-Daudet à Nice, Les Mimosas à Mandelieu, Jean-Baptiste-Rusca à Tende, L’Eau-Vive à Breil-sur-Roya et Jean-Franco à Saint-Etienne-de-Tinée.
Pour les écoles, 4 groupes scolaires sont impliqués, tous à Nice. Aucune autre commune azuréenne n’est rentrée dans le dispositif. L’école Fabron, située dans un quartier résidentiel, l’école Ronchèse en plein centre-ville. Et trois écoles situées en réseau d’éducation prioritaire (REP/REP +): Bon-Voyage 1 et 2, à Nice-Est, et Bois-de-Boulogne, dans le quartier des Moulins, à l’ouest.
La Ville de Nice n’a rien voulu dévoiler de la tenue unique qu’elle cofinance avec l’État. Elle présentera les vêtements ce lundi après-midi.
Le conseil départemental des Alpes-Maritimes a, lui, choisi ses couleurs: le bleu et le blanc. Seul le nom du collège changera sur chaque vêtement. Premier couac: il y a du retard dans la production chez le prestataire basé à Marseille. La distribution des tenues scolaires sera échelonnée. À Alphonse-Daudet, ce sera le 12 septembre, à Jean-Franco, le 16 septembre et le 23 septembre pour les trois autres collèges.
En imposant une tenue identique à chaque enfant et adolescent, le gouvernement espère avoir une influence sur les inégalités sociales et favoriser l’esprit de groupe, le sentiment d’appartenance. Et ainsi, apaiser le climat scolaire. Certains parents, de nombreux enseignants et experts n’y croient guère. Ils auraient préféré que l’argent soit utilisé autrement.
L’uniforme, lisseur d’inégalités, ou vecteur de conformisme social? Le sujet fait débat en France.
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