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La Ville de Lyon a commémoré ce dimanche la rafle de la rue Sainte-Catherine où le père de Robert Badinter avait été arrêté le 9 février 1943 et a rendu hommage à l’ancien ministre de la Justice, décédé vendredi.
En 2011, Robert Badinter a été à l’initiative de la pose de la plaque commémorative à hauteur du n°12. Photo Le Progrès / Tatiana Vazquez
Lyon a commémoré, dimanche, la rafle de la rue Sainte-Catherine, où le père de Robert Badinter avait été arrêté, le 9 février 1943, rendant hommage au « testament » que l’ancien ministre de la Justice, décédé vendredi, a laissé contre l’antisémitisme.
« Comment ne pas voir un signe ? La date de son décès correspondant à la date de l’arrestation de son père, l’événement qui a déterminé sa vie et son engagement humaniste », a confié, lors de la traditionnelle commémoration, Alain Jakubowicz, avocat qui fut partie civile au procès Barbie en 1987 à Lyon.
Simon, le père de l’ancien garde des Sceaux, figurait parmi les 86 Juifs arrêtés et déportés le 9 février 1943 par la Gestapo commandée par Klaus Barbie. Le père de Robert Badinter, alors âgé de 47 ans, était déporté au Camp d’extermination de Sobibor, dans l’actuelle Pologne. Il n’en reviendra jamais.
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Robert Badinter « est venu nous réveiller », a estimé Richard Zelmati, président régional du conseil représentatif des institutions juives (CRIF) d’Auvergne-Rhône-Alpes. « Il nous a rappelé à nos devoirs, considérant qu’on ne peut délier l’antisémitisme qui a tué ici, de celui qui tue encore aujourd’hui. Et son message ne saurait être compris et entendu autrement que comme un testament », a-t-il ajouté lors de la cérémonie, reprenant un extrait d’un discours qu’avait prononcé Robert Badinter en février 2015, la seule fois où il avait participé à Lyon à la commémoration de la rafle.
Dans son discours, l’ancien ministre de la justice avait fait part de son inquiétude de voir « réapparaître avec horreur en France le visage sanglant de l’antisémitisme », après les attentats islamistes de Toulouse, en 2012. Robert Badinter avait alors stigmatisé des « barbares comme leurs prédécesseurs nazis animés par la même haine antisémite ».
Pour le représentant du CRIF, ce discours de 2015 reste « plus que jamais d’actualité », après les exactions commises par le Hamas le 7 octobre contre des juifs en Israël. « Gageons tous que nul ne reniera le testament auquel nous oblige désormais Robert Badinter », a conclu Richard Zelmati.
« La ville de Lyon n’acceptera jamais la discrimination, l’intolérance, les menaces, les injures à l’égard des Juifs, ou de toute autre communauté en raison de ses origines supposées », a déclaré Grégory Doucet, le maire de Lyon (Les Ecologistes).