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Article rédigé par Manon Adoue
Journaliste
La Dépêche du Midi
Pierre Brüning vient d’acheter, avec sa compagne Orane, la maison où ses arrière-grands-parents, ses grands-parents, son père et lui-même ont vécu pendant des décennies. Une jolie bâtisse des années 1900 remplie de souvenirs de famille, dans le quartier de la Gespe, à Tarbes. Le couple se lance dans le défi fou de la rénover quasiment entièrement. Voici l’incroyable histoire de la maison des Brüning.
C’est une maison couleur mimosa, colonnes abricot et faïences terracotta. Un air de Sicile dans le quartier de la Gespe, à Tarbes, où la famille Brüning, originaire d’Italie, a élu domicile dans les années 60. » Ici, sous le muguet, je faisais des batailles avec mes petits soldats, là, dans ma chambre d’enfant, j’ai joué à la console pour la première fois et au baby-foot. Dans la cuisine, mamie me faisait des pâtes avec une sauce dont je n’ai jamais retrouvé le goût, sur l’allée de cailloux, dehors, je soufflais dans les bulles de savon avec les petits voisins « , nous précède Pierre Brüning, 38 ans aujourd’hui. Le Tarbais bien connu qui nous fait la visite, par ailleurs magicien et vidéaste, vient d’ajouter une nouvelle page à son album de souvenirs.
Le 24 juillet, la maison de son enfance est redevenue la sienne, chez le notaire. » Ici, ont d’abord vécu mes arrière-grands-parents italiens qui tenaient le restaurant le Lucullus, à Tarbes. Je m’y suis installé ensuite avec mon père Marc, et ma grand-mère Stella. À mes 15 ans, on a déménagé car la maison était devenue trop grande à entretenir « , se souvient-il.
La coquette demeure de 200 m² est tellement vaste que la famille héberge, à l’étage, des étudiants de l’école d’ingénieurs. Les Brüning quittent ainsi la jolie maison mimosa à contrecœur. Puis, vingt-quatre années passent au numéro 38. Deux propriétaires, des squatteurs et plus rien pendant trois ans.

» Quand on a commencé à chercher un logement, on a visité un bien à 300 mètres d’ici. J’en ai profité pour montrer ma maison d’enfance à Orane, ma compagne. Tous les souvenirs sont remontés, j’étais très ému « , raconte Pierre. Dans le jardin, le cerisier a tellement poussé qu’il grignote la gouttière. Le mobilier en pierre a disparu sous les ronces et le lierre. Le figuier qui a rempli tant de bocaux de confiture touche presque le ciel. Et un matin d’été, surprise. Pierre et Orane reconnaissent la maison sur une annonce du Bon Coin. » On a été très étonnés de voir qu’elle était à vendre car, lors de notre passage, il n’y avait aucun panneau. Moi, j’avais dans l’idée depuis des années de la récupérer. En fait, elle était tombée dans le domaine de l’État « , explique le nouveau propriétaire.
Premier signe du destin. Le second, c’est que la bâtisse est située au numéro 38, l’âge de Pierre. Fin juillet, le couple prend possession des lieux. Et chez Pierre, tout remonte à la surface : » Elle est intacte. J’ai l’impression de redécouvrir des souvenirs qui ne m’ont jamais quitté « . Seul un mur a été abattu pour agrandir le salon. Le papier peint est resté, le carrelage vert dans la salle de bains aussi, les marches en bois qui craquent dans les escaliers, la cheminée, l’arche qui sépare la cuisine, la fresque signée Claude Prat, 1929, dans la chambre à l’étage… Mais la nostalgie laisse rapidement place à la raison : il y a du travail. » Moi, j’ai l’habitude des travaux. L’état de la maison ne me fait pas peur, la structure est bonne, la priorité, c’est surtout de changer les menuiseries « , confie, pragmatique, Orane, en tenue de chantier.
Une publication partagée par Orane & Pierre ?⚒️ (@retourau38)
» On a décidé de partager l’histoire de cette maison et de la rénovation sur nos réseaux sociaux. Je me suis plongé dans les albums de famille où j’ai retrouvé beaucoup de photos. J’ai pu comparer, pièce par pièce, d’avant, jusqu’à maintenant « , détaille l’acheteur. Le couple a publié une vidéo sur Instagram qui a dépassé le million de vues et particulièrement ému les internautes. » Ma grand-mère Stella est décédée il y a trois ans. Quand je suis rentré de nouveau dans la maison, c’est comme si elle était rentrée chez elle, elle aussi « , glisse Pierre, regard mouillé. Le couple qui a commencé les travaux a bon espoir de s’installer en septembre, même si tout reste à faire : le double vitrage, le chauffage, les peintures, les sols… Peu importe : les invitations pour le repas de Noël sont déjà lancées. Pierre et Orane se doivent d’honorer les futurs souvenirs.
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Une bien belle histoire. Ca change des faits divers sordides en Arizona ou au Swaziland.
Bravo et félicitations pour cette action émouvante
Article aussi intéressant, n'en déplaise à certains, qu'un nième fait divers de l'autre bout du monde ; bon courage pour la restauration de cette maison.