La Croix L’Hebdo : Vous êtes à la tête de Nexity, un géant spécialisé dans la promotion immobilière, l’aménagement et l’exploitation. À quel moment avez-vous compris que la France allait affronter une grave crise du logement ?
Véronique Bédague : J’ai tiré la sonnette d’alarme dès 2022 pour prévenir qu’une crise majeure se profilait parce que les taux d’intérêt remontaient et que l’inflation s’installait… Cette perspective m’inquiétait, tout comme le fait que le logement n’était pas une priorité pour le gouvernement. Il sous-estimait les besoins et la difficulté concrète de nos concitoyens pour se loger. Et puis, les autorités nourrissaient l’espoir que la crise allait faire baisser les prix, ce qui est illusoire sur un marché où l’offre est insuffisante. J’avais pourtant appelé à réagir rapidement, faute de quoi le redressement serait plus long et coûterait beaucoup plus cher. Hélas, c’est exactement ce qui se passe.