Après plus de deux années de crise, puis un retour à l’équilibre dans l’ancien l’an dernier, les Français ont envie d’immobilier. Au premier trimestre 2026, la dynamique s’est poursuivie dans un climat pourtant chahuté. « Malgré un contexte et un chemin semé d’embûches », notamment du fait d’épisodes climatiques (neige, inondations) freinant les projets, « le marché immobilier a poursuivi son rebond », confirme Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt, qui regroupe 720 agences franchisées en France.
Le réseau enregistre une augmentation de 4% de la demande au niveau national par rapport au mois de décembre. Une hausse plus modérée qu’en 2025, où elle a bondi de 18% sur un an. « Malgré cela, la demande continue de progresser. Des nouveaux projets naissent, même s’ils sont moins nombreux que lors d’une année plus sereine, comme 2025 ».
En face d’elle, l’offre du réseau s’est accrue de 9% sur les trois premiers mois de l’année 2026, avec un contraste important entre Paris (+11%), l’Île-de-France (+4%) et les régions (+9%). « Les vendeurs ont compris qu’ils avaient devant eux une proportion d’acquéreurs suffisamment importante pour donner suite à leurs projets de vente », explique Yann Jéhanno.
Ce premier trimestre était plus en dents-de-scie chez Foncia (600 agences) qui a enregistré un recul de 3% du nombre de transactions de janvier à mars, avec un point bas en mars à -8%. « Les taux d’emprunt restent élevés », à 3,25% en février (contre 3,05% à l’été 2025), indique le réseau de 600 agences, tandis que « la confiance des ménages a été impactée par le contexte géopolitique et économique incertain ».
Si l’évolution des transactions varie, les deux agences constatent toutes deux que les délais de vente restent longs: 96 jours en moyenne chez Foncia, contre 103 jours chez Laforêt (soit 5 jours de plus qu’en décembre). Cela représente plus de trois mois et une semaine.
De même, le nombre de négociations (c’est-à-dire la différence entre le prix affiché en vitrine et celui qui sera finalement acté au moment de la vente) progresse, remarque le président de Laforêt: elles concernent aujourd’hui huit transactions sur 10, « contre 6 sur 10 dans un marché classique et 4 sur 10 lorsque le marché est faste ».
Les marges, elles aussi, progressent. Au niveau national, elles atteignent 5,1% contre 4,5% fin 2025: 3,4% à Paris (contre 3%), 5,1% en Île-de-France (contre 4,4 %) et 5,4 % en régions (contre 4,7 %), souligne le réseau.
Cette évolution marque une nouvelle rupture.
Les ménages cherchent ici à « récupérer un peu de pouvoir d’achat sur l’immobilier, dans un contexte d’inflation », estime encore le président du réseau Laforêt.
L’offre, bien qu’un petit peu plus fournie, reste en effet bien inférieure à la demande de logement. De même, les logements dotés d’une note énergétique F et G, moins chers (-25% pour un bien noté G par rapport à un D), « restent attractifs auprès des acquéreurs qui souhaitent rénover », souligne le président de Laforêt.
Les regards sont braqués vers les taux de crédits immobiliers
40 jours après le début de la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran, les regards du secteur immobilier sont tournés vers la Banques centrale européenne (BCE), qui a maître-mot sur l’évolution des taux d’emprunt.
La crainte, selon Régis Sébille, responsable des analyses pour la plateforme d’annonces immobilières Bien ici, est un « blocage du marché », comme en 2022, en cas de trop forte hausse. Loïc Cantin, président de la Fnaim, anticipe lui une « hausse inévitable » des taux dans les prochains mois.
Mais pour l’heure, les niveaux restent relativement stables. « Nous sommes à des taux normaux pour acheter de l’immobilier, cela n’a rien d’anormal », indique Yann Jéhanno. « Comment va évoluer le conflit, comment la BCE va réagir? Bien malin celui qui pourra avoir des certitudes là-dessus ».
L’an dernier, dans le réseau Laforêt, une transaction immobilière sur 3 s’est faite coûtant, sans emprunt. Les secundo-accédants, eux, représentent aujoud’hui 49% des acheteurs.
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