LCL promet de délivrer une offre de prêt immobilier définitive en moins de 60 minutes grâce à l’intelligence artificielle. Une annonce qui pourrait bouleverser les délais d’obtention d’un crédit, mais qui reste réservée à certains profils et ne doit pas faire oublier l’essentiel : comparer les conditions de financement.
Passer de plusieurs semaines d’attente à moins d’une heure pour décrocher une offre de prêt immobilier: LCL veut frapper fort. Son directeur général, Serge Magdeleine, présente le nouveau dispositif comme « une offre révolutionnaire de crédit à l’habitat 100 % en ligne qui n’existe nulle part en Europe ». Baptisé Immoflash, le parcours doit aller au-delà du traditionnel accord de principe.
« Nous serons en mesure d’éditer une offre de prêt officielle en moins de 60 minutes en totale autonomie », assure le dirigeant. Avec l’accord du client, l’intelligence artificielle doit récupérer des informations bancaires et fiscales afin de préremplir et d’analyser le dossier. LCL confirme désormais que le partage sécurisé de ces données doit permettre au client d’être fixé plus rapidement sur sa demande.
Derrière la promesse spectaculaire, les conditions d’accès réduisent le nombre d’emprunteurs concernés. Immoflash est réservé aux clients LCL qui empruntent seuls, pour un montant maximal de 200 000 euros et une durée comprise entre 10 et 25 ans. Il faut déjà disposer d’un compromis ou d’une promesse de vente signée et le financement ne doit nécessiter qu’un seul prêt immobilier.
Les dossiers avec PTZ, épargne logement, travaux ou vente en l’état futur d’achèvement sont notamment exclus, tout comme les biens classés F ou G au DPE. LCL cible donc des opérations relativement simples à standardiser. Résidence principale, secondaire ou investissement locatif peuvent en revanche être financés, sous réserve de respecter les autres critères.
Une sélection qui ne surprend pas une courtière en crédit immobilier des Hauts-de-Seine, forte d’une dizaine d’années d’expérience et qui souhaite rester anonyme. « Aujourd’hui, ce qui prend du temps, ce n’est pas l’édition de l’offre, mais toutes les étapes qui la précèdent : l’analyse des relevés de compte, des revenus, des crédits en cours, de la garantie ou encore de l’assurance. »
Le plafond de 200 000 euros correspond par ailleurs à l’un des seuils prévus par la loi Lemoine en matière d’assurance emprunteur. Aucun questionnaire de santé ne peut être exigé lorsque la part assurée par personne ne dépasse pas 200 000 euros et que le crédit arrive à son terme avant les 60 ans de l’assuré.
La courtière reconnaît ainsi l’intérêt du dispositif pour les dossiers les plus simples. « C’est vrai, c’est très bien. Ce sera rapide, facile pour certains clients. Je sais que ça met notre métier en danger, mais il faut être honnête : c’est quelque chose de bien aussi. » Une efficacité qui a toutefois son revers. Là où un conseiller peut apprécier les forces et les faiblesses d’un dossier et décider de le défendre malgré certaines fragilités, l’automatisation laisse moins de place à l’interprétation. « L’IA, elle n’a pas de sentiment : c’est oui ou c’est non », résume-t-elle.
Pour les dossiers complexes, l’humain conserve donc un intérêt. « Avec des travaux, un bien à revendre, un prêt relais ou un client chef d’entreprise avec des bilans, ça nécessite pour moi toujours un conseiller », estime la professionnelle. Plusieurs de ces opérations sortent d’ailleurs déjà du périmètre d’Immoflash.
Même délivrée presque immédiatement, l’offre ne peut pas être acceptée dans la foulée. L’emprunteur bénéficie toujours d’un délai de réflexion incompressible de 10 jours à compter de sa réception. La DGCCRF recommande d’ailleurs de profiter de ce délai pour comparer la proposition avec celles d’autres établissements.
La rapidité ne doit donc pas devenir le seul critère. TAEG, assurance, garantie, frais ou possibilités de modulation restent à examiner. « Je ne trouve pas que ce soit un danger pour le consommateur. « Je ne trouve pas que ce soit un danger pour le consommateur. Je pense que c’est plutôt un danger pour la banque si son IA ne fonctionne pas correctement », considère la courtière.
Pour les dossiers éligibles, Immoflash peut donc constituer un véritable gain de temps, sans garantir pour autant d’obtenir le financement le plus avantageux. Une offre obtenue en 60 minutes reste une offre de crédit : son coût et ses conditions doivent toujours être comparés avant de signer.
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