Le 19 février, Révolution Permanente organisait à Rennes une réunion sur la crise du logement, en présence de plus de 60 personnes. Aux côtés d’Utopia 56, la tête de liste Erell Duclos a appelé à s’organiser contre la politique du Parti socialiste et la spéculation immobilière.
Révolution Permanente Rennes
21 février
Dans une salle remplie, la réunion publique organisée par Révolution Permanente a porté sur la crise du logement à Rennes. Erell Duclos, tête de liste aux municipales à Rennes, a insisté sur cet objectif : faire de la réunion un lieu de témoignages concrets, d’échanges et de construction collective face à la crise du logement qui frappe la majeure partie de la population rennaise. Des kits anti-mal-logement, élaborés avec des avocats militants liés à Révolution Permanente, étaient également mis à disposition pour donner des outils juridiques et politiques aux locataires.
La présence d’Utopia 56 a permis de rappeler la situation particulièrement dramatique des personnes exilées, confrontées à la saturation de l’hébergement d’urgence et aux expulsions, dans un contexte où la municipalité PS refuse même l’ouverture de gymnases en plein hiver.
Une publication partagée par Erell Duclos (@erellux_)
Les échanges ont largement confirmé un constat partagé : la crise du logement à Rennes est structurelle. En dix ans, les loyers ont augmenté d’environ 20 %, avec des conséquences concrètes immédiates : étudiants contraints à des solutions précaires, travailleurs exclus du marché locatif, multiplication des logements insalubres et explosion des charges énergétiques.
La situation de l’hébergement d’urgence illustre cette crise : les demandes de mise à l’abri se multiplient alors que très peu sont prises en charge. Comme l’a rappelé Erell Duclos, « de plus en plus de personnes se retrouvent à la rue, soit parce qu’ils se retrouvent expulsés de leur logement, soit parce que le 115 est saturé et qu’il n’y a plus de places dans les hébergements d’urgence. En février 2025, 72 demandes de mise à l’abri ont été faites dans la Métropole, et seulement 3 ont été prises en charge ! ». Dans le même temps, des dizaines de milliers de personnes attendent un logement social pendant des années, tandis que des habitants subissent de conditions de logement indignes, comme l’absence de chauffage dans certains quartiers populaires comme au Blosne : « Il y a 30 000 personnes qui attendent un logement social, et il faut attendre des années avant d’avoir la chance d’y accéder. Et face à la demande, les bailleurs se permettent non seulement d’augmenter les loyers, mais surtout de loger des personnes dans des conditions indécentes » a ajouté la candidate.
Ces phénomènes ne relèvent pas du hasard mais d’une organisation du marché immobilier au profit des promoteurs, des multipropriétaires et des bailleurs.
Gentrification et politique municipale : le Parti Socialiste complice de la situation
La réunion a également permis de discuter du bilan de la municipalité PS. Les projets de rénovation urbaine participent à gentrification de la ville pour exclure les populations les plus précaires : « Le véritable bilan du mandat d’Appéré, c’est un mandat au service des promoteurs immobiliers et des riches pour faire de Rennes une ville à 2 vitesses ».
Plusieurs exemples ont été évoqués : transformation du centre-ville, hausse des loyers commerciaux, projets immobiliers haut de gamme comme le Mama Shelter, ou encore rénovations de quartiers populaires qui modifient leur composition sociale. « Au Blosne, on a construit des logements pavillonnaires vendus à 350 000€ pour favoriser l’installation de cadres, pendant que le nombre d’ouvriers et d’employés qui habitent dans le quartier diminue années après années ! On rénove les places, on installe des nouveaux commerces pour accueillir une nouvelle population, celle qui a les moyens d’acheter des logements neufs, et on chasse les plus précaires en périphérie ».
Cette dynamique s’accompagne d’un renforcement des politiques sécuritaires de contrôle et de la fermeture de lieux d’organisation et de culture populaire, comme l’illustre la future démolition du Bâtiment à modeler : « Depuis les années 2010, les promoteurs immobiliers main dans la main avec les institutions ont rénové le centre-ville avec un seul objectif : mettre un terme au Rennes Populaire et faire du centre-ville un havre de paix pour les plus riches et les touristes ».
Les autres listes candidates à gauche sur Rennes ont aussi fait du logement un axe central de leur campagne. Cependant, les mesures proposées par La France Insoumise ou Rennes Commune ne sont pas à la hauteur de la situation et rien qui ne fasse réellement trembler les grands propriétaires fonciers. En regardant de plus près ces mesures, on constate ainsi que « la réquisition des logements vides, c’est la dernière étape avant une multitude de démarches de recensement, puis d’incitation des propriétaires à la location. Et si jamais tout ça ne marche pas après moultes négociations, la liste LFI portée par Marie Mesmeur souhaite aller vers une réquisition, mais avec la loi de 1946 qui implique une réquisition temporaire et avec indemnités ». Et pour la liste d’Ulysse Rabaté qui représente Rennes Commune, « on parle d’encadrer les loyers. Mais avec beaucoup de guillemets, puisque ce serait pour des logements étudiants. Si c’est pour appliquer le fonctionnement actuel de l’encadrement des loyers à Rennes, qui implique simplement de « rester cohérent avec les prix du marché local » alors que les prix sont déjà exorbitants, ça ne s’annonce pas glorieux ! ».
Face à cette situation, la liste menée par Erell Duclos défend un plan à la hauteur de la grave crise de logement et articulé autour des mesures suivantes :
• Réquisition immédiate, sans indemnités ni compensation, des 9 000 logements vides ;
• baisse immédiate des loyers et des charges : 100m2 à 600 euros max pour les familles ;
• rénovation massive des logements, en prenant dans les profits du patronat, sous contrôle des habitants ;
• réquisition d’hôtels de luxe et de bâtiments vacants, pour leur transformation en hébergement d’urgence.
Pour faire face aux bailleurs et au mal-logement, les juristes et les avocat·e·s de Révolution Permanente se tiennent aux côtés des habitant.e.s de Rennes. Nous avons conçu un kit qui détaille les droits des locataires, les démarches à suivre et met à disposition des modèles de courriers pour agir concrètement en cas de dette de loyer, de risque d’expulsion ou de logement insalubre. Pour le télécharger, cliquez ici.
Ces propositions ont été largement discutées pendant la réunion, notamment autour de la question de leur mise en œuvre et du rapport de force nécessaire pour les imposer. Car la question du logement implique de s’attaquer aux intérêts des promoteurs et des grands propriétaires fonciers, ce qui suppose d’imposer ces revendications par une mobilisation des locataires, des jeunes et des travailleurs. Comme l’a dit Erell Duclos, Révolution permanente « défend un plan d’urgence, sans se limiter à ce qui serait possible d’obtenir en négociant dans le bureau du Préfet ou avec Bouygues Immobilier et les marchands de sommeil ».
Une publication partagée par Erell Duclos (@erellux_)
Dernière ligne droite : tout donner pour reprendre la ville aux mains des politiciens professionnels !
La forte participation, les témoignages et les discussions ont confirmé que la question du mal-logement est une priorité vitale pour la grande majorité des travailleurs et de la jeunesse à Rennes. Dans un contexte où la crise s’aggrave et où les réponses institutionnelles constituent une impasse, la réunion a posé une perspective : faire du logement un terrain d’organisation collective et un enjeu politique clé de ces municipales.
Prochaine étape pour la campagne : multiplier ces espaces de discussion, organiser des tractages et des porte-à-porte, soutenir les luttes existantes et construire un rapport de force pour imposer un accès à un logement de qualité et une vie dignes pour toutes et tous. Le 15 mars prochain, votez pour la liste menée par Erell Duclos à Rennes !
Université de Rennes 2
Crise sanitaire
Crise sociale
Rennes
Logement
Politique
Lisa Yervïn
Adèle Chotsky
Iona Martinac
Matthias Lecourbe
Révolution Permanente 93
Axel Garozzo
Daniel Matisa
Révolution Permanente 93
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