l’essentiel La jeune femme s’est reconvertie dans la pâtisserie en créant son atelier à Escatalens "La Fabrique de Maëv'". En plus d’y réaliser des gâteaux et buffets sur-mesure, elle anime des ateliers de médiation culinaire pour garder un pied dans son ancien métier.
Depuis toujours, travailler les relations et accompagner l’autre a toujours été le carburant de Maëva Schmith dans sa vie professionnelle. Éducatrice spécialisée pendant 10 ans, son « métier de cœur », la jeune femme a pourtant opéré à 34 ans un virage radical en devenant chef pâtissière dans le Tarn-et-Garonne. "La pâtisserie me passionne depuis que je suis enfant. J’aime la technique, la partie création et artistique que le métier implique. Mais ma décision a aussi été motivée après mes grossesses. J’ai pris du recul, et je me suis rendu compte que la charge de travail m’empêchait de faire correctement mon métier", justifie Maëva.
Désormais confortablement installée aux portes d’Escatalens depuis plus d’un an, elle a alors monté "La Fabrique de Maëv’", son atelier de création sur mesure, où tous les jours, dans sa pièce lumineuse et spacieuse de 30 m², elle réalise buffets et pâtisseries traditionnelles ou personnalisées pour des occasions spéciales. Mais pour garder sa casquette "éducatrice", elle a mis en place un concept plus novateur : la médiation culinaire.
"La pâtisserie a cette faculté de créer du lien. Quand j’étais éducatrice en foyer ou en milieu ouvert, je le mettais systématiquement en place, notamment pour les visites médiatisées des parents avec leurs enfants, et c’était très efficace. J’ai donc naturellement imaginé ces ateliers dans mon projet pour toucher tous les publics"
Lors de ses ateliers privés, Maëva travaille notamment en lien avec les structures locales, comme les Maisons des Solidarités, les équipes des travailleurs sociaux, les Centres communaux d’action sociale et parfois même des entreprises, "pour travailler la cohésion de groupe", complète l’artisan. Plus qu’un simple atelier de loisir, la médiation culinaire est devenu un "outil de travail" pour Maëva. "Il y a un réel intérêt. Ça fait travailler le lien, les maths, la motricité fine et l’organisation. Ça crée des souvenirs aussi", analyse la jeune femme. Elle se remémore alors cet atelier animé avec des Sans domicile fixe d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale. "On avait cuisiné une tarte aux pommes pour raviver des souvenirs d’enfance. L’un d’eux, en sentant l’odeur, s’est effondré en larmes. Ça m’a ému, mais ça montre que l’atelier avait fonctionné. Il avait ressenti des émotions".
L’ex éducatrice note aussi un certain succès pour travailler les relations conflictuelles, entre fratries, parents enfants ou avec une personne proche. "Une fois, j’ai reçu une mère et sa fille. Elles venaient de se disputer fortement, donc elles sont arrivées très fermées. Et l’atelier a joué ce rôle médiateur en annulant les tensions. Elles se sont détendues et sont ressorties réconciliées, le smile jusqu’en haut", se rappelle Maëva dans un sourire. Mais pour que son atelier soit efficace, la jeune femme opère en amont un gros travail de préparation.
"Chaque atelier est unique. C’est du sur-mesure. Le but est de cibler le rôle de chacun, pour qu’il ressorte en ayant le sentiment d’avoir fait plus qu’un simple gâteau"
Pour l’instant, la nouvelle cheffe pâtissière ne regrette pas son choix. "J’ai trouvé un autre moyen d’exercer mon métier, et le concept rencontre du succès auprès des locaux". L’artisan envisage même à l’avenir de réaménager son atelier, "pour l’adapter aux personnes à mobilité réduite et aux enfants de maternels".
J’ai déjà un compte
Je n’ai pas de compte
Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

source

Catégorisé: