TÉMOIGNAGES – Sans aucun appui financier de leur famille, ils sont déjà propriétaires de plusieurs biens immobiliers à moins de 30 ans. Voici le témoignage de deux investisseurs qui misent sur la pierre pour se constituer un patrimoine.
Un pari ambitieux, mais qui peut porter ses fruits. Alors que 37 % des 18-29 ans se disent intéressés par l’investissement locatif (selon une étude du groupe BPCE publiée fin novembre), ils sont en réalité très peu à sauter le pas, surtout quand il s’agit de multiplier les achats afin de dégager des revenus supplémentaires. En 2022, parmi les personnes âgées de 25 à 29 ans, seulement 3,8 % sont multipropriétaires, selon une étude de l’Insee.
C’est le cas de Clément S., qui s’est lancé dans l’investissement locatif à tout juste 24 ans, en 2022. A cette époque, il était encore alternant avec un salaire avoisinant les 1 400 euros net par mois. « Je travaillais dans une banque, ce qui m’a facilité l’accès à un crédit immobilier », reconnaît celui qui est désormais « family officer », spécialisé en gestion de patrimoine des familles fortunées. Des compétences qui l’ont naturellement avantagé dans son projet.
A ses 27 ans, Adrien Hubert a également voulu miser sur l’immobilier pour se construire un patrimoine, sans l’aide financière de sa famille. Son parcours est toutefois différent. Entrepreneur dans la tech, c’est en vendant son entreprise qu’il a franchi le pas. « J’avais beaucoup d’argent à investir. Même si ce secteur ne m’intéresse pas du tout, je souhaitais diversifier mes investissements », explique Adrien Hubert, qui place aussi des fonds dans des start-up et en cryptomonnaie. « La pierre vient équilibrer un peu le tout avec quelque chose de plus stable… Et ça rassure beaucoup ma famille », ajoute-t-il.
Contrairement à Clément S., Adrien Hubert a fait appel à une entreprise pour gérer son projet de A à Z. « Je n’ai même pas visité les biens que j’ai achetés. J’ai uniquement validé les dossiers de mes locataires », souligne-t-il. Sa stratégie ? Miser sur des petites surfaces dans plusieurs grandes villes (en l’occurrence Paris, Lille et Marseille) dont les logements se louent très facilement en longue durée en raison de la tension locative. Il est ainsi déjà propriétaire de quatre appartements, dont le premier se situe dans le XIXe arrondissement de Paris. Il s’agit d’un 18 m2 acquis pour 160 000 euros, sans frais de notaires.
« C’était une passoire thermique en mauvais état, donc 30 000 euros de travaux ont été réalisés », détaille Adrien Hubert. Au total, cet entrepreneur diplômé de l’EDHEC a emprunté 800 000 euros et déboursé 110 000 euros de sa poche pour son projet, qui lui rapporte 750 euros net par mois via les quatre loyers (après remboursements des prêts).
Cette stratégie est presque identique à celle de Clément S. qui a acheté sept logements à Etampes (Essonne) pour les louer en longue durée via le régime fiscal LMNP. Tous ont nécessité des travaux, qu’il a en majorité réalisés lui-même. Sans apport, il a acquis son premier logement de 30 m2 pour 76 000 euros. « Ces investissements s’autofinancent et me permettent de dégager environ 100 euros net par mois par appartement », indique Clément.
Ces deux jeunes multipropriétaires ne souhaitent pas s’arrêter là. « Tout ce que je gagne, je le réinvestis pour financer des travaux et me construire un apport pour un prochain achat », souligne Clément S. Même discours du côté d’Adrien Hubert, qui souhaite toutefois changer de stratégie pour ses prochains achats immobiliers. Il envisage de se rapprocher d’une nouvelle entreprise pour l’accompagner dans un projet immobilier à l’étranger, destiné cette fois-ci à la location touristique de courte durée type Airbnb ou Booking. Ses prochains achats pourraient s’orienter vers le Vietnam et les Émirats arabes unis.
Même s’ils sont tous les deux satisfaits de leurs investissements respectifs, il faut toutefois garder en tête que ce type d’opération n’est pas sans risque. Travaux sous-estimés, loyers impayés… certains aléas peuvent déstabiliser un projet pourtant bien préparé. « Je fais face actuellement à un locataire qui ne paie plus son loyer, mais la garantie Visale me protège pour l’instant », témoigne Clément S. En effet, ce dispositif permet de couvrir 36 mois d’impayés maximums pour un logement dans le parc privé. Selon une étude d’Imodirect publiée en octobre 2025, le taux d’impayés de plus d’un mois s’élève à 1,97 % en France. Un taux qui atteint 3,50 % à Paris et en Île-de-France.
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